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  • Pascal Latouche

Libre arbitre Vs. Norme sociale



Je ne connais personne qui vous dira qu’elle agit exclusivement en référence (comme ou en opposition) à une connaissance, un père, une mère, des amis, un frère, une sœur, un groupe, voir même une obédience. D’ailleurs, même ceux qui vous le diront, s’empresseront de préciser que c’est en ayant analysé la situation ou l’autre. Une majorité des gens que l’on croise prétendent donc exercer pleinement leur libre arbitre. Mais comment exercer (vraiment) ce libre arbitre avec une norme sociale parfois si contraignante ?


Du libre arbitre : je pourrais sans doute vous citer de nombreux académiques qui en donnent des définitions et des descriptions variées. Je vous partage celle de Wikipédia qui est communément comprise de tous. « Le libre arbitre est la faculté qu’aurait l'être humain de se déterminer librement et par lui seul, à agir et à penser,… ».


De la norme sociale : là encore, nombreux sont les écrits. Wikipédia nous dit : « Une norme sociale réfère à une façon de faire ou d'agir, une règle de conduite tacite ou écrite, qui a prévalence dans une société ou un groupe social donné. Elle est légitimée par des habitudes, des valeurs, des croyances partagées au sein d'un collectif donné, ainsi que par le contrôle social exercé ».


Si je me réfère à ces compréhensions communément admises, la norme sociale reviendrait à une forme de déterminisme c’est-à-dire à « être déterminé par » et le libre arbitre, une forme d’antinomie du déterminisme c’est-à-dire « Se déterminer soi-même à ». Comment concilier alors libre arbitre et norme sociale ? Il faut pour cela pousser un peu plus loin notre compréhension du libre arbitre si on veut réellement l’exercer (et l’assumer) et non avoir l’illusion de le faire.


Lorsque l’on parle communément du libre arbitre, cela suppose que notre volonté peut s’exprimer librement et sans contrainte, ce qui vous le reconnaitrez, est rarement le cas ! A travers mes lectures, je vous propose une compréhension plus fine du libre arbitre, car elle me semble plus réelle (voir opérationnelle) : « le libre arbitre est la capacité à exercer un contrôle vers ce vers quoi notre volonté se dirige » (Appourchaux, K. (2014). Un nouveau libre arbitre. Cnrs.).


Cette compréhension du libre arbitre permet de l’exercer réellement dans une problématique personnelle ou professionnelle. Il s'agit de décider sincèrement d'exercer un contrôle (un effort volontaire) sur les faits, pour conduire à accomplir la situation voulue. L'effort volontaire est un prérequis. La vision de la situation voulue l’est tout autant.


Quelles que soient les circonstances (personnelles ou professionnelles), il apparait que le « conflit intérieur » qui est le nôtre pourrait en grande partie se résumer à ce qui semble être une bataille permanente entre le libre-arbitre et la norme sociale (le regard des autres, une contrainte personnelle, une nécessité, …). Ces notions ne s’opposent pourtant pas. Préserver son libre arbitre en toutes circonstances est possible. La norme, n’est qu’un cadre qui nous permet de vivre ensemble. Ce que l’on y peint ne dépend que de nous.


Dans les interactions humaines, votre libre arbitre est essentiel et unique. Soyez sincère quant à vos volontés, agissez sur les faits pour établir la situation voulue. A l’autre de décider aussi d’être ou non à vos côtés selon ses propres envies. Votre liberté ne s’arrête-t-elle pas là où commence celle de l’autre ?


Pour conclure, il n’y a bien selon moi que la résonance sincère entre deux personnes, pour une situation voulue par chacun, qui permet de mettre en œuvre un libre arbitre commun. Cela, c’est le miracle de la vie. Il s’appelle l’Amour …

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