ARTICLES

Search
  • Pascal Latouche

Le paradoxe du temps



J’ai croisé récemment une amie de longue date, perdue de vue depuis des années. Je vous passe les détails de ces retrouvailles d’ex-universitaires, pour vous dire que l’on en est arrivé à se poser une question : quelle est la perte la plus irréparable ?


Spontanément, lorsque cette discussion est survenue, on s’est dit qu’il s’agissait sans doute de la perte d’un proche. Dans ce moment de très grande tristesse, suivi d’un deuil parfois long et douloureux, l’importance du défunt apparaît par le manque. On ne le verra plus, en tout cas pas dans cette vie. C’est une perte irréparable due au temps !


Et puis de fil en aiguille, on s’est posé la même question dans des contextes tout à fait différents. La perte de sa vertu est – elle réparable ? Qu’en est-il de l’honneur, de l’amitié, de l’argent,… . Tout ceci nous a semblé réparable. Restaurer sa vertu est possible avec du temps. Rétablir son honneur est possible avec du temps. Se refaire une santé financière est tout aussi envisageable, tout comme faire la paix avec des amis avec lesquels on a pu se brouiller un temps !


Ce mot « temps » a fini par s’imposer dans notre échange comme le dénominateur commun à tout ce que l’on pourrait considérer comme irréparable. La perte la plus irréparable nous a donc semblé comme étant peut être le temps. Dans la fiction on peut sans doute remonter le temps. Il semble même selon certaines théories d’astrophysique que les « trous noirs » seraient des tunnels qui pourraient mener vers d’autres temps et d’autres espaces. Mais la réalité est que rien ni personne n’a jamais réussi à « réparer » le temps. Serait-ce donc là, LA perte la plus irréparable ?


Difficile de le dire…


D’une part, c’est le temps qui nous donne l'expérience pour faire de belles rencontres. D’autre part, c’est le temps qui nous permet de donner du sens à ces rencontres pour savoir ce que l’on attend de la vie. Enfin, c’est le temps qui nous permet d’espérer que demain nous ferons d'une vie rêvée, une réalité. Le temps n’est donc pas une perte, mais une source de notre conscience d’avoir existé, d’exister et de vouloir exister. En ce sens, le temps nous offre lui-même les moyens de le réparer… un paradoxe !


Une très belle fin d'été à tout.e.s, et profitez bien du temps !

5 views

copyright 2018 Pascal Latouche

  • Twitter Clean Grey
  • LinkedIn Clean Grey